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Covid-19 : Un candidat vaccin à vecteur viral plus efficace

jeudi 4 août 2022

Des scientifiques de l’Institut de virologie et d’immunologie (IVI) et de l’Université de Berne présentent un candidat vaccin contre le COVID-19 utilisant le virus de la stomatite vésiculaire (VSV) comme vecteur viral. Leurs travaux montrent que des vaccins contre le COVID-19 vectorisés par le VSV injectés par voie intramusculaire aux souris induisent de fortes réponses anticorps contre la protéine spike S du SARS-CoV-2 si la glycoprotéine G du VSV est ajoutée au vecteur viral.

Un candidat vaccin contre le COVID-19 vectorisé par le VSV codant pour l’antigène Spike du SARS-CoV-2 a été développé aux États-Unis et en Israël. Bien que les expérimentations précliniques initiales aient montré des résultats prometteurs sur des modèles de hamster syrien, les volontaires humains n’ont pas fait état de réponses immunitaires adaptées suite à la vaccination. Le développement du candidat vaccin a donc été abandonné. Les groupes de recherche dirigés par Gert Zimmer et Charaf Benarafa de l'IVI et de l'Université de Berne ont cependant poursuivi l’exploration de cette plateforme vaccinale par vaccins à vecteurs et sont parvenus à développer un candidat vaccin contre le COVID-19 vectorisé par le VSV hautement efficace. Ils ont découvert qu’en ajoutant la glycoprotéine G du VSV au vecteur viral, la vaccination par voie intramusculaire induisait des titres élevés d’anticorps neutralisants spécifiques de l’antigène Spike, même après injection d’une seule dose. Grâce à ce vaccin optimisé, les souris immunisées étaient totalement protégées face à une dose létale de SARS-CoV-2 administrée par voie nasale et partiellement protégées en cas d’exposition au variant Delta du SARS-CoV-2.

Prochaine étape

Après le succès des modèles animaux précliniques, la formulation améliorée de ce nouveau candidat vaccin contre le COVID-19 développé par l’IVI pourra faire l’objet d’essais cliniques afin d’évaluer sa sécurité et son efficacité chez des volontaires humains. Gert Zimmer, chef de groupe au département de virologie, déclare à ce sujet : « Nous sommes dans une phase dans laquelle le vaccin vectorisé par le VSV a été administré par voie intramusculaire, ce qui a protégé les souris des formes graves de la maladie, mais n’a pas complètement bloqué la réplication virale dans les voies respiratoires. Ce résultat n’est pas si surprenant que cela étant donné que la vaccination par voie intramusculaire n’induit pas suffisamment l’immunité mucosale. Seule l’induction de réponses immunitaires locales permettra de bloquer le SARS-CoV-2 sur les sites de réplication primaire et pourra empêcher la transmission du virus ». Les futurs travaux se concentreront donc aussi sur des schémas d’immunisation susceptibles de déclencher une immunité mucosale forte et durable contre le SARS-CoV-2.

Cette découverte pourrait être appliquée à d’autres maladies que le COVID-19

Le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) est une plateforme de vecteurs prometteuse pour d’autres maladies causées par des agents pathogènes viraux comme le MERS-CoV, le VIH-1, le virus de l’hépatite C ou celui de la grippe A. Un vaccin à vecteur VSV est d’ailleurs déjà approuvé contre la fièvre hémorragique Ebola.

La technologie présentée dans cet article devrait permettre d’améliorer la production, l’administration et la sécurité des vecteurs de tous ces candidats vaccins vectorisés par le VSV et, appliquée au SARS-CoV- 2, elle viendra compléter l’éventail des approches vaccinales actuelles visant à renforcer l’immunité.

Source : Institut de virologie et d'immunologie IVI

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