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L’intelligence artificielle pour améliorer le diagnostic du cancer

mercredi 2 novembre 2022

Le projet européen BIGPICTURE vise à collecter la plus grande quantité d'images histopathologiques à ce jour. Ces données volumineuses seront analysées afin d'entraîner des logiciels d'intelligence artificielle pour aider les médecins dans leurs diagnostics. | © BIGPICTURE

Dans le cadre du projet européen BigPicture, Henning Müller et son équipe de la HES-SO Valais à Sierre développe des algorithmes dans le but d’améliorer le diagnostic du cancer. Ces technologies intéressent certains hôpitaux, notamment à Sion.

Depuis février 2021, Henning Müller, responsable de l’Unité eSanté de l’institut informatique de la HES-SO Valais-Wallis à Sierre, participe au projet européen BigPicture. Celui-ci vise à créer la plus grande base de données d’images histopathologique au monde, une discipline médicale destinée à poser un diagnostic via l’étude microscopique des tissus. Ces échantillons de tissus sont prélevés des patients malades et les images sont obtenues grâce à un appareil scanner.

Doté d’un budget de 70 millions d’euros sur six ans, BigPicture regroupe 45 partenaires académiques, médicaux et pharmaceutiques à travers quinze pays. S’inscrivant dans le cadre du programme-cadre de recherches Horizon 2020, il ambitionne d’avoir un impact décisif dans l’identification précoce des cancers. Dans ce contexte, l’équipe de Henning Müller s’est vu attribuer 400'000 euros pour développer des outils d’intelligence artificielle destinés à accompagner les médecins dans leur diagnostic. « En collaboration avec d’autres instituts spécialisés, nous entraînons des algorithmes à faire ressortir les similarités entre ces millions d’images. A terme, notre plateforme permettra aux médecins de comparer les anomalies cellulaires de leurs patients avec celles qui s’en rapprochent le plus dans cette base de données ». Cet outil permet alors de mieux catégoriser une tumeur, sa gravité et son stade, de voir comment d’autres pathologues ont traité ces cas, ainsi que d’être utilisé à des fins de formation pour les médecins.

Les images sont récoltées dans des laboratoires européens et dans des grands groupes pharmaceutiques. Elles sont anonymisées et leur partage entre les différents partenaires est soumis au Règlement général sur la protection des données de l’Union Européenne. La banque d’images dénombre d’ailleurs des tissus d’origine humaine, mais également animale, puisqu’il arrive que la recherche clinique teste d’abords des médicaments sur les animaux.

Certains hôpitaux portent déjà un intérêt pour le projet BigPicture et croient au potentiel de l’intelligence artificielle, notamment celui de Sion. « Depuis quelques mois, nous digitalisons environ 20% de nos coupes histologiques, ce qui a notamment pour avantages de commencer une transition inéluctable, de pouvoir participer à des projets de recherche dans ce domaine, et de solliciter plus facilement les avis d’experts en Suisse ou à l’étranger si nécessaire. A terme, les algorithmes pourraient permettre de gagner en efficacité et ainsi pallier le manque de spécialistes auquel nous sommes confrontés » , a déclaré Igor Letovanec, médecin-chef du service d’histocytopathologie  à l’Institut central des Hôpitaux à Sion. Ces technologies restent toutefois des outils d’aide à la décision et le dernier mot reviendra toujours aux pathologistes. Selon Letovanec, deux défis sont à relever dans ce contexte : la capacité de stockage des données et le financement de ces technologies.

D’ici à la fin du projet en 2026, les algorithmes créés en partie à Sierre devront être certifiés par les organismes compétents au niveau international. Ils pourraient ensuite être distribués sur le marché.

Source : Le Nouvelliste

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