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L’oncologie de précision bernoise aide les patients atteints du cancer de la prostate

jeudi 19 mai 2022

Métastase cérébrale du cancer de la prostate avec des zones intratumorales sélectionnées (cercles roses et blancs) en vue d'analyses moléculaires. | © Antonio Rodriguez, Dept. of Pathology and DBMR

Des chercheurs bernois ont réalisé une percée dans le traitement d’une forme particulièrement agressive de cancer de la prostate, montrant pour la première fois que les patients concernés pourraient bénéficier d’un traitement ciblé.

Des chercheurs de l'Université de Berne et de l’Hôpital Universitaire de Berne ont réalisé une percée dans le traitement d'une forme particulièrement agressive de cancer de la prostate. Dans des échantillons de tissus de métastases cérébrales avancées, ils ont pu établir le profil génétique des cellules cancéreuses. Pour la première fois, cette découverte indique que les patients concernés pourraient bénéficier de traitements ciblés pour lesquels ils n’avaient pas été éligibles jusqu’à présent.

Chaque année en Suisse, environ 6’600 hommes sont atteints d'un cancer de la prostate. Après le cancer du poumon, il s'agit de la deuxième cause de mortalité liée au cancer chez les hommes. Les stades avancés, dans lesquels les cellules cancéreuses se sont propagées à d'autres organes et forment ce que l'on appelle des métastases, sont dangereux. Contrairement à d'autres types de cancer comme le cancer du sein ou du poumon, les métastases extrêmement dangereuses dans le cerveau sont très rares dans le cancer de la prostate. Seuls 1,5 % des cas avancés ont été diagnostiqués comme cancer de la prostate avec métastases cérébrales (PCBM), selon une étude de synthèse réalisée en 2020. Les cas de PCBM étaient donc peu étudiés jusqu'à présent.

Des chercheurs de l'Université et Hôpital Universitaire de Berne ont désormais comblé cette lacune en réalisant la première étude de grande envergure sur les métastases cérébrales du cancer de la prostate. Dans leur étude, ils ont décrit la fiche signalétique de biologie moléculaire des cellules dites PCBM. Selon cette étude, celles-ci présentent des altérations regroupées dans le mécanisme de réparation qui, dans les cellules saines, répare les dommages quotidiens dans la chaîne du patrimoine génétique.

Dans le cas des cellules cancéreuses, les mécanismes de réparation des cellules sont modifiés de telle sorte qu'elles ne peuvent plus réparer certaines lésions dans les brins d’ADN et prolifèrent donc de manière incontrôlée. Dans les cellules métastasées, un mécanisme de réparation alternatif prend le relais, ce qui permet aux cellules cancéreuses de prospérer.

Cependant, il existe des médicaments - appelés inhibiteurs PARP - qui bloquent de manière ciblée ce mécanisme de réparation alternatif et entraînent la mort des cellules cancéreuses. Ces médicaments ne sont toutefois efficaces que si les modifications des cellules dangereuses présentent un certain modèle dans le mécanisme de réparation primaire.

Un exemple parfait d'oncologie de précision

Les chercheurs ont analysé des échantillons de tissus de 51 patients atteints de PCMB, reçus d'hôpitaux de toute la Suisse et d'une institution partenaire aux États-Unis. L'analyse a montré que des modifications du mécanisme primaire de réparation de l'ADN ont été détectées dans tous les échantillons testés contenant des cellules cancéreuses de la prostate métastasées au cerveau.

 « Ces modifications ressemblent à la signature génétique d'autres types de cancer pour lesquels des médicaments efficaces sont disponibles », explique Mark A. Rubin, directeur du Department for BioMedical Research et président du Bern Center for Precision Medicine de l'Université de Berne et de l’Hôpital Universitaire de Berne. « C'est une bonne nouvelle, car ainsi, plus rien ne s'oppose à un traitement ciblé d'au moins une partie des patients atteints de PCMB. »

Le travail accomplis par les chercheurs de Berne est également considéré comme un parfait exemple d'oncologie de précision, dans lequel les concepts de traitement sont de plus en plus adaptés à un patient spécifique. Selon cette méthode, l’information sur la signature moléculaire des cellules cancéreuses de chaque patient individuel est utilisée pour établir un plan de traitement utilisant les médicaments qui ciblent les modifications observées.

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