Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l'Université de Berne ont développé une approche expérimentale qui offre de nouvelles possibilités d'amélioration des stratégies de contrôle biologique en vue d'une agriculture plus durable et sans pesticides.

Au cours de la dernière décennie, des scientifiques de l'Institut des sciences végétales (IPS) de l'Université de Berne ont élucidé les mécanismes qui expliquent le succès de la chrysomèle occidentale des racines du maïs, un grave parasite agricole, et notamment la manière dont elle résiste à l'attaque d'agents de lutte biologique tels que les nématodes entomopathogènes (des vers ronds parasites), et leurs partenaires bactériens associés.

« Nous avons émis l'hypothèse qu'en améliorant la capacité des bactéries pathogènes associées aux vers ronds parasites de résister aux benzoxazinoïdes, nous pourrions augmenter la létalité de cette paire symbiotique mortelle contre les larves de la chrysomèle occidentale des racines du maïs », explique le Dr Ricardo Machado de l'Institut des sciences végétales (IPS) de l'Université de Berne, qui a dirigé l'étude. Les chercheurs ont recueilli des vers ronds parasites du monde entier, isolé leurs partenaires bactériens pathogènes et les ont exposés à de fortes doses de benzoxazinoïdes sur plusieurs générations.

Rapprocher la science fondamentale et l'agriculture durable

Grâce à une collaboration avec le Prof. Dr Helge Bode de l'Institut des Biosciences Moléculaires de l'Université Goethe de Francfort et le Prof. Dr Siegfried Hapfelmeier de l'Institut des Maladies Infectieuses (IFIK) de l'Université de Berne dans le cadre de la coopération interfacultaire de recherche One Health, les scientifiques ont également identifié le mécanisme génétique qui permet à certaines bactéries de résister aux benzoxazinoïdes.

Les résultats de l'étude sont particulièrement pertinents pour la lutte biologique contre les parasites agricoles. « Nous sommes impatients de tester notre approche dans un vrai contexte agricole et, à terme, de contribuer à une agriculture plus durable et sans pesticides», conclut le Dr Ricardo Machado.