Une équipe de chercheurs de trois facultés de l'Université de Berne a découvert comment une infection bactérienne chez les porcs peut provoquer une hémorragie intestinale mortelle, réalisant ainsi une percée dans la recherche vétérinaire. Cette découverte ouvre également des perspectives prometteuses pour des vaccins et des médicaments destinés à être utilisés chez l'homme.

Les porcelets nouveau-nés meurent souvent dans la douleur à cause d'une infection due à une bactérie intestinale. La bactérie Clostridium perfringens fait partie du grand genre Clostridium qui peut causer diverses maladies mortelles chez les animaux et les humains. Ces bactéries sont dangereuses car elles produisent des poisons extrêmement puissants (toxines) qui causent des dommages ciblés aux cellules de l'hôte. Des maladies telles que le botulisme, le tétanos, la gangrène gazeuse et les infections intestinales, par exemple, sont causées par le Clostridium.

Il y a 10 ans, un groupe de recherche de l'Institut de Pathologie Animale de l'Université de Berne a démontré que la toxine produite par la bactérie tue les cellules vasculaires et provoque ainsi des saignements dans l'intestin du porcelet. Cependant, jusqu'à présent, on ne savait pas exactement pourquoi la toxine attaquait spécifiquement ces cellules et pas d'autres. Aujourd'hui, Julia Bruggisser, biochimiste et doctorante à l'Institut de pathologie animale, a réussi à résoudre l'énigme de ce mécanisme dans le cadre d'une collaboration interdisciplinaire entre trois facultés.

De nouvelles thérapies potentielles pour les maladies vasculaires chez l'homme

Une collaboration entre plusieurs groupes de recherche de l'Université de Berne a été essentielle pour la réussite du projet. « Pour mes recherches, je travaille dans trois laboratoires de l'Université. Bien que ce soit un défi, j'apprends beaucoup et surtout, c'est plaisant », déclare Julia Bruggisser.

Cette découverte permet de développer de meilleurs vaccins afin de prévenir la maladie mortelle chez les porcs. « Nous voulons aussi étudier si la fixation de toxines bêta sur les cellules endothéliales permet également de développer de nouvelles formes de thérapie, pour les maladies vasculaires chez l'homme par exemple. Nous avons déjà entamé d'autres collaborations à cette fin au sein de l'université de Berne », déclare Horst Posthaus, Professeur au Département des Maladies Infectieuses et de Pathobiologie de l'Université de Berne.