Le système MedCo vise à faciliter la recherche médicale sur les pathologies - telles que le cancer et les maladies infectieuses - en permettant des calculs sécurisés sur des données décentralisées.

Après une année d'intense coopération avec des experts informatiques et juridiques hospitaliers, MedCo a maintenant été déployé dans les hôpitaux universitaires de Lausanne, Genève et Berne. Lancé en 2019 comme premier système opérationnel pour protéger les données sensibles des patients afin qu'elles puissent être utilisées collectivement pour la recherche médicale, le système a été développé dans le Laboratoire de Sécurité des Données (LDS) de la Faculté des Sciences de l'Informatique et de la Communication (IC) de l'EPFL, en collaboration avec le Centre Hospitalier Universitaire de Lausanne (CHUV).

« À mesure que notre capacité à analyser et à comprendre les maladies de chaque patient s'accroît, apprendre de l'expérience devient un moteur nécessaire pour améliorer les soins aux patients. MedCo nous permet d'obtenir des informations précieuses à partir de l'histoire clinique des patients », déclare l'oncologue Petros Tsantoulis des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG).

L'interface de MedCo est conçue pour être utilisée par des professionnels de la santé qui ne sont pas nécessairement des experts en informatique. Son modèle décentralisé est basé sur un principe cryptographique appelé calcul multipartite sécurisé, qui permet d'analyser confidentiellement les données des différents hôpitaux. MedCo utilise des bibliothèques de logiciels développées notamment par le laboratoire DEDIS (Decentralized and Distributed Systems) de l'EPFL, dirigé par Bryan Ford.

Accélérer la recherche clinique en Suisse

Après des tests à Lausanne, Genève et Berne, MedCo sera également déployé dans les hôpitaux universitaires de Bâle et de Zurich, ainsi que dans d'autres hôpitaux du Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer (SAKK).

« La possibilité d'interroger en toute sécurité des bases de données décentralisées, tout en éliminant la possibilité d'identifier les patients, est un levier important pour accélérer la recherche clinique universitaire en Suisse », déclare Oliver Peters, directeur adjoint du CHUV.